Les signes de reconnaissance en Analyse Transactionnelle

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Marleine Mazouz collabore depuis 18 ans avec ELEGIA en tant que Consultante Formatrice. Enseignante et Superviseur Certifiée en Analyse Transactionnelle (A.T.) dans le Champ des Organisations (P.T.S.T.A-O), elle est Directrice de l’Ecole de préparation à la Certification Internationale en Analyse Transactionnelle E-ATIF à Paris 14ème.

Elle nous partage l’importance des Signes de Reconnaissance en tant qu’outil de motivation.

Un manager conscient de l’importance des Signes de Reconnaissance vis-à-vis de son équipe, contribue fortement à la bonne gestion de son équipe et renforce la cohésion de celle-ci. Il assure ainsi un bon climat social et la productivité de ses collaborateurs.

Que sont les Signes de Reconnaissance ?

Ils sont la réponse aux besoins fondamentaux de toute personne. Leur importance apparaît chez le nourrisson et a été mise en exergue par les travaux de René Spitz Psychiatre et Psychanalyste américain. Ce dernier, appelé au chevet de nouveaux nés qui se laissaient dépérir dans une pouponnière, met en avant les carences affectives de nourrissons séparés de leur mère et fait le lien avec le fait qu’ils ne sont pas stimulés : pas caressés, pris dans les bras, etc.

Le Docteur et Psychiatre Eric Berne, fondateur de l’A.T. dit ainsi : « Si tu n’es pas caressé, ta moelle épinière se flétrira ».

Il explique également que le besoin de stimulation chez le bébé se transforme en besoin de reconnaissance. Il est fondamental. C’est un besoin sans lequel on ne fait que survivre, pas vivre.

Dans les premiers stades de son développement, lorsque l’enfant est bien stimulé, devenu adulte, il a encore besoin de Signes de Reconnaissance. Ce besoin est moins prégnant que chez un enfant qui aura été moins ou pas stimulé.

Qu’est-ce que cela entraîne ?

Le travail collaboratif nécessite l’implication de chaque membre de l’équipe.

Pour cela, le manager porte une attention particulière à chacun de ses collaborateurs. Cette attention variera en fonction des besoins individuels. Certains nécessiteront du temps et de l’attention de manière importante, d’autres beaucoup moins.

A l’âge adulte, l’individu cherchera par de « nombreux moyens » à obtenir les signes de reconnaissance qui lui manquent tant. Les stratégies qu’il mettra en œuvre pour combler ce besoin seront maladroites, décalées voire inappropriées parfois dans un contexte professionnel. Ce qu’il va obtenir en échange bien souvent : le rejet !

Il obtient donc ce qu’il craint le plus.

Il est à noter que pour obtenir la satisfaction de nos besoins de reconnaissance nous pousse parfois à chercher des signes de reconnaissances négatifs plutôt que rien du tout.

Le pire est l’indifférence, c’est ce qui est le plus dur à supporter comme par exemple l’isolement. Bien entendu, cela diffère d’une personne qui recherche un moment de solitude. Celle-ci est très difficile à supporter lorsqu’elle est imposée par l’environnement et non choisie.

Un manager face à un collaborateur qui a fait l’objet de stimulations d’attention et de respect dans sa prime enfance gèrera au mieux une situation complexe. Son besoin de stimulation et de reconnaissance lui permettent de traverser cette turbulence plus sereinement. Il manifestera moins de besoins et aura moins recours à des stratagèmes pour en obtenir. Bien entendu tout cela se faisant hors de notre conscience.

Revenons à un adulte qui serait en manque de signes de reconnaissance : il va adopter des stratégies, créer des situations pour en recevoir, même négatifs. Et ses stratégies ont lieu partout, y compris dans l’entreprise. C’est un processus inconscient au cours duquel il aura recourt à des stratagèmes. Cela s’apparente à ce que nous appelons dans notre jargon une « Méconnaissance », c’est-à-dire qu’il omet de façon inconsciente une information utile à la résolution de son problème.

Par exemple :

  • Son problème : « j’ai besoin que mon manager me dise que j’ai fait du bon travail »
  • Sa Méconnaissance : « je ne me crois pas capable d’aller demander à mon manager un feedback sur mon travail ». Il fantasme : « qu’est-ce qu’il pensera de moi si je vais demander, etc »

La Méconnaissance enferme et s’auto-alimente : je ne demande pas donc je ne suis pas satisfait, alors je mets en place des jeux psychologiques*.

Voici les 4 natures de signes de reconnaissance :

Signes de reconnaissanceConditionnelle
(Concerne les actes)
Inconditionnelle
(Concerne la personne)
PositifBravo, tu as fait du bon travail !C’est un plaisir de travailler avec toi et de t’avoir dans l’équipe, j’ai confiance en toi !
NégatifJe ne suis pas du tout content du rapport que tu viens de terminer !Je ne veux plus de toi dans l’équipe !
 

En fonction de l’éducation que nous avons reçu, nous ne sommes pas tous égaux pour accepter, demander, donner, refuser ou nous donner des signes de reconnaissance.

J’aimerai illustrer cela avec une anecdote qui s’est passé dans un de mes stages. Je venais d’expliquer l’importance pour un manager de donner des signes de reconnaissance à son équipe et un de mes stagiaires lui-même manager d’équipe réagit assez fortement en me disant : « Je ne vais quand même pas dire ça à mes gars, de quoi je vais avoir l’air ?! ».

Je n’ai alors pas cherché à le convaincre mais j’y suis revenue un peu plus tard quand il a été amené à répondre à la question de ce qu’il pensait de son propre manager. Il me répond qu’il n’en est pas très satisfait car celui-ci ne lui fait jamais de commentaire sur son travail et il ne sait jamais ce qu’il pense… Il éclate alors de rire, comprenant tout d’un coup qu’il avait adopté le même type d’attitude vis-à-vis de son équipe et qu’il pouvait faire autrement.

Cela ouvrait pour lui la possibilité de donner des signes de reconnaissance à ses collaborateurs, d’en recevoir en retour et au final de fluidifier l’ensemble des relations dans son service car les signes de reconnaissance font tâche d’huile ! »

En résumé, il est nécessaire de retenir que nous avons tous besoin des autres. Certains encore plus que d’autres mais nous avons tous un besoin fondamental de reconnaissance de la part de notre environnement. A défaut d’en recevoir, cela nous entraine dans des jeux psychologiques… »

 

*A suivre, les jeux psychologiques, Novembre 2017 !

Actualité sociale 2018

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