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L'économie circulaire, un phénomène de mode ?

BLOG / Environnement - Développement durable

Depuis environ 4 ans, la transition vers l’économie circulaire, pourtant stagnante depuis de nombreuses années, semble s’accélérer. Que désigne exactement le terme « économie circulaire » ? S’agit-il d’un phénomène passager ou d’une vague de fond ?

L’économie circulaire et ses concepts

L’économie dite « traditionnelle » est basée sur un modèle linéaire, qui consiste à prélever dans la nature des ressources « neuves », c’est-à-dire jamais utilisées dans un process industriel auparavant, pour fournir un produit ou un service, qui, une fois inutile ou dégradé, terminera sa vie dans une filière de traitement des déchets. Dans ce système, des ressources limitées viennent agrandir une accumulation de déchets illimitée, l’éloignant ainsi drastiquement de la durabilité.

Le concept d’économie circulaire décrit par l’ADEME (Agence De l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) propose de concevoir l’économie à la manière d’un écosystème, où les déchets des uns sont remis en circulation pour devenir les ressources des autres, et où chaque utilisation est portée à son optimum pour privilégier la notion d’efficience économique à celle de profitabilité.

Il existe différents points d’entrée dans l’économie circulaire, chacun associé à un vocabulaire plus ou moins spécifique, le plus souvent désormais défini par voie réglementaire :

  • Au niveau de la production et de l’offre de biens ou de services, les thèmes suivants peuvent être identifiés :

L’approvisionnement durable et responsable, notamment au niveau des ressources extraites dans les mines et carrières, consiste à s’assurer que les matériaux extraits le sont dans les conditions les moins néfastes possibles à l’environnement, d’une part, et, d’autre part, à favoriser l’introduction en fabrication de matières premières issues du recyclage.

L’écoconception des produits, elle, grâce notamment à l’analyse du cycle de vie, vise à réduire l’impact environnemental d’un produit, non seulement au cours de sa production, mais également au cours de l’approvisionnement des matières dont il est issu ainsi qu’au cours de son utilisation et au moment de sa fin de vie. Cette démarche induit donc une réflexion sur la démontabilité du produit fourni, de manière à faciliter sa recyclabilité et sa réparabilité.

Au niveau de l’entreprise dans sa globalité, la notion d’écologie industrielle et territoriale, aussi appelée symbiose industrielle, tend à créer des synergies à l’échelle d’une zone industrielle ou d’un territoire, et à favoriser la mise en œuvre d’un « écosystème » industriel, à l’image des écosystèmes naturels, à une échelle locale.

  • Au niveau du produit ou du service une fois mis sur le marché, de nombreux changement s’opèrent également :

Le consommateur devient un « consomm’acteur », conscient de ses actes d’achats et de leur impact sur la planète. A lui de choisir ses fournisseurs en fonction de leur engagement dans le développement durable (on parle alors de « consommation responsable »), de choisir une économie de la fonctionnalité, privilégiant l’achat d’une fonction ou d’un usage (comme la location longue durée pour bénéficier d’un véhicule en permanence sans jamais l’acheter, ou l’achat d’une « fonction » lave-linge où l’appareil mis à sa disposition pour effectuer sa lessive ne lui appartient pas et est échangé par un autre appareil à l’issue d’une certaine durée d’usage) ou en augmentant la durée de vie de ses produits achetés en ayant recours à la réparation, à la vente d’occasion (pour le « réemploi » direct par un autre consommateur) ou à la « réutilisation » (l’appareil, considéré comme un déchet, est cédé à une entreprise qui le vérifie, le remet en état si nécessaire, et le remet sur le marché à un prix réduit mais avec une garantie minimale ou sous forme de pièces détachées d’occasion)

  • Enfin, les notions relatives aux déchets évoluent :

Le recyclage, par exemple, voit sa définition précisée, car il s’agit désormais de transformer les déchets en de nouvelles matières premières, réutilisables en fabrication pour les entreprises engagées dans une démarche d’approvisionnement durable et responsable, comme nous l’avons vu plus haut.


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Pourquoi s’engager dans une démarche d’économie circulaire ?

Notre monde industrialisé et son confort vivent au-dessus de leurs moyens. Chaque année, nous consommons plus que ce que la Terre peut produire en un an, c’est le fameux « jour du dépassement », qui a eu lieu cette année le 29 juillet 2019, soit 2 mois plus tôt qu’il y a 20 ans.

Bien que ressenties confusément comme indispensables, les démarches éthiques et responsables liées à l’économie circulaire prennent des proportions qui nous dépassent un peu. Longtemps délaissées, abandonnées à des initiatives locales et individuelles ou à quelques pionniers soucieux de leur image, elles sont depuis quelques temps plus fortement soutenues et menées par une opinion publique favorable et des volontés politiques fortes, à l’image d’une vague de fond, témoignant d’une prise de conscience collective de plus en plus intense. Les initiatives et projets sont désormais encouragés, et le contexte réglementaire accompagne ce changement en l’inscrivant dans le marbre de la loi et en l’intensifiant : ceux qui ne l’anticiperont pas devront donc le subir, avec à la clé de potentielles pertes de parts de marché face à des concurrents plus innovants, qui, de leur côté, auront trouvé dans cette démarche l’occasion de revoir en profondeur leur mode de fonctionnement et leur stratégie de différenciation, avec souvent, pour résultat, une meilleure profitabilité, et la conquête de nouveaux clients.

 

Valérie Guillet
Consultante Formatrice QHSSE / RSE indépendante

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