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Le FPSPP à la rescousse du numérique et des métiers rares

Le Fonds paritaire pour la sécurisation des parcours professionnels flèche désormais une partie de ses subsides vers le financement d'actions spécifiques telles que les formations digitales, rares ou émergentes. Une manne bienvenue pour les entreprises en quête de compétences ad hoc.

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Le Fonds paritaire pour la sécurisation des parcours professionnel (FPSPP) ajoute une nouvelle corde à son arc : le financement d’actions spécifiques, dédiées aux formations digitales (à distance ou multimodales) et aux métiers rares, émergents ou de niche à destination des demandeurs d’emploi. Telle est l’une des orientations de l’avenant à la convention 2015-2017 signée le 28 février 2017, entre le FPSPP, l’Etat et les partenaires sociaux.

Des formations sanctionnées par un diplôme ou un titre professionnel

Les premières, les formations digitales, s’adressent aux publics dont la qualification est inférieure au niveau III et sont complémentaires des initiatives régionales existantes. Elles seront sanctionnées par un diplôme ou un titre professionnel inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (CléA). Ou sanctionnées par un certificat de qualification professionnelle, une habilitation ou un permis permettant l’acquisition de compétences professionnelles complémentaires ou l’actualisation de connaissances nécessaires à l’exercice des métiers identifiés. Ces stages permettent également d’acquérir des certifications et ou habilitations recensées à l’inventaire. 20 000 formations devraient être programmées, en 2017, pour un coût approximatif de 3 000 euros par stage.

Sauvegarder les savoir-faire

Les secondes, les formations rares ou de niche, visent, elles, à sauvegarder les savoir-faire traditionnels ou à haute technicité (taille de pierre, dentelle, métiers du luxe ou certains métiers du spectacle vivant, des loisirs et de l’audiovisuel…). Sont ainsi visés les domaines du luxe ou les métiers d’art ainsi que les filières industrielles émergentes (métiers d’avenir) comme les simulateurs et environnements d’ambiance 3D. Ces formations sont, à l’instar des formations digitales, sanctionnées par un titre professionnel inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles ou sanctionnées par un certificat de qualification professionnelle voire une habilitation. 3 500 à 4 000 places sont prévues cette année pour un coût approximatif de 8 000 euros par formation.

Au total, 150 millions y sont alloués pour 2017 sur un budget de 1,48 milliards d’euros (1,34 milliards d’euros de recettes et ressources du PFSPP et 142 milliards d’euros de recettes Etat et FSE). Cette enveloppe inclut également des actions à l’attention des demandeurs d’asile et des réfugiés.

L’Opca, l’interlocuteur technique

En pratique, toutefois, une entreprise ne peut pas solliciter directement un financement auprès du FPSPP. L’attribution des fonds s’effectue par appel à projets auprès des organismes paritaires. C’est, en effet, l’Opca, qui doit motiver la demande de subvention auprès du Fonds. D’où la nécessité de se rapprocher de cet "interlocuteur technique".

En amont, l’Opca devra établir un diagnostic partagé avec la Direccte et le conseil régional pour identifier les formations innovantes du territoire. Le dossier devra ensuite recueillir l’avis favorable du Coparef avant d’être approuvé, in fine, par une commission ad hoc du FPSPP, composée d’administrateurs du fonds paritaire. Les premiers cahiers des charges sont attendus pour fin mars ; le versement des fonds interviendra, lui, en avril. Il se fera en deux temps. 100 millions d’euros immédiatement mobilisables pour le financement des appels à projets. Les 50 millions restant ne le seront qu’à la condition que l’Etat et les régions prolongent leur financement au second semestre 2017 et que la capacité d’engagement du FPSPP le permette toujours.

Une première expérimentation pour les métiers de l’audiovisuel

Une manne bienvenue pour les entreprises en mal de compétences. Le FPSPP n’est, d’ailleurs, pas à son premier coup d’essai sur ce type d’orientations. Il a été sollicité, l’an passé, par les branches du spectacle vivant, des loisirs et de l’audiovisuel, en partenariat avec l’Opca du secteur, l’Afdas afin de pallier la pénurie de main-d’œuvre sur ces métiers. Les formations dispensées concernaient des métiers du spectacle vivant (costumier, technicien des effets spéciaux …) ; des loisirs d’attractions (cascadeur, scénographe…) ou encore de l’audiovisuel (éditeur transmedia, chargé de programme antenne web, intégrateur de médias interactifs…). D’une durée moyenne de 116 heures, elles ont bénéficié à 1 724 stagiaires, dont 55% d’employés, 24% d’agents de maîtrise, 16% de cadres et 5% d’ouvriers. Côté budget, elles ont mobilisé 4,1 millions d’euros sur deux ans - le coût moyen étant de 2 582 euros par participant. L’aide du FPSPP s’élevant à 2,9 millions d’euros, soit 70% du coût du projet.

 

Anne Bariet
ActuEL RH ©Editions Législatives 2017

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