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La digitalisation de la formation avec Thomas Chardin

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Entretien : mieux comprendre la digitalisation de la formation

ELEGIA a rencontré Thomas Chardin, dirigeant et fondateur de Parlons RH. Nous avons échangé avec lui sur sa vision de la digitalisation de la formation. Il vous explique comment mener une transformation efficace et en douceur puis vous parle de l'évolution et des innovations à venir dans le domaine de l'ingénierie pédagogique.

Comment définiriez-vous  la digitalisation de la formation ?

Nous pouvons trouver 3 axes à la digitalisation de la formation : le fond, la forme et le temps :

  • La forme participe à sa dématérialisation en utilisant des solutions digitales pour pouvoir animer sa formation.
  • Le fond mixe coopération et interactions qui entraînent un co-développement des compétences plus soutenues.
  • La digitalisation de la formation apporte une plus longue temporalité. Elle permet d’avoir un continuum pédagogique : un avant, un pendant et un après qui soient beaucoup plus long et dynamique : via le réseau et les ressources.

Quels seraient les risques et les mises en garde ?

Il faut éviter tout phénomène de balancier extrême, c’est-à-dire être 0% digital ou 100% digital. Les freins sont de considérer la digitalisation que sous un angle outil et moins sous un angle de transformation culturelle. La digitalisation induit un changement de posture, de pratiques et d’outil. Il faut donc savoir faire preuve de discernement et de distance vis-à-vis de La digitalisation. Mettre l’effet de mode de côté et renforcer l’approche métier. : mettre l’outil au service de l’apprentissage et non l’inverse.  

Comment faire le choix du dispositif digital adapté à sa formation ?

Les premières questions à se poser sont : à qui je m’adresse ? Quel est mon objectif pédagogique ? Il n’y a pas de bons ou de mauvais dispositifs. Il y a juste une ingénierie pédagogique adaptée au projet de  formation. La digitalisation n’est absolument pas une fin en soi, c’est un moyen à intégrer dans les objectifs de la formation.

Quelles sont, selon vous, les futures innovations digitales dans la formation ?

Il y a selon moi quatre innovations majeures :

  • La première ne va pas être innovante mais me paraît déterminante. C’est le marketing de la formation. Il s’agit de se réapproprier  un minimum de compétences marketing : quelle est ma population cible ? Comment est-elle segmentée ? Quelles sont ses attentes ? Quelles sont ses besoins ? Quelles sont ses frustrations ? Comment faire qu’un salarié ait une appétence à développer ses compétences et devienne un « client » puis un apprenant récurrent ?
  • La réalité virtuelle me semble également importante et prometteuse.
  • Le Big Data est aussi attendu. En l’associant au machine learning, il permet d’adapter les modules de formation en temps réel à partir des résultats de chaque apprenant. La personnalisation peut aller jusqu’au choix du timing en proposant la bonne formation au bon moment.
  • La dernière innovation que je trouve intéressante est la démocratisation du coaching. Grâce à la digitalisation, nous avons des modalités d’apprentissage qui sont de plus en plus variées. La notion d’e-coaching par Skype ou plateforme digitale me semble intéressante dans la tendance qu’elle représente. Le blended learning concerne ainsi le présentiel et le distanciel, le matériel et le digital, mais aussi l’individuel et le collectif.

En quoi ces innovations vont révolutionner la formation ?

Peut-être en remplaçant  l’appellation « formation » par « apprentissage » comme dans tous les pays du monde, au sens « learning & development » ! Même si les choses changent, la plupart des services RH qui traitent de la formation  sont focalisés sur le résultat et non sur le développement effectif des compétences. C’est le fruit de notre histoire nationale et d’une obligation légale de former. Le marketing de la formation, la réalité virtuelle, le big data et le coaching ne vont pas révolutionner la formation mais la faire évoluer d’un coût obligatoire à un investissement à promouvoir.

Conclusion

La formation en France est à un carrefour de son histoire. Il y a 2 phénomènes qui se rencontrent : d’une part la réforme de la formation qui n’est pas aboutie et ne sera sans doute pas la dernière, et d’autre part nous sommes dans une transformation culturelle. Culturelle sur la manière d’apprendre. Charge aux acteurs de la formation de s’accaparer ces évolutions, pas uniquement pour conduire le changement mais pour le devancer, l’insuffler dans nos organisations, et ainsi passer d’une entreprise apprenante à une entreprise formatrice.

Pour aller plus loin

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