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Mobilités professionnelles : les salariés en manque d’accompagnement et d’orientation

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Mobilités professionnelles : les salariés en manque d’accompagnement et d’orientation

Pour l’Observatoire des trajectoires professionnelles, les dispositifs de formation restent largement méconnus. Et 64 % des sondés estiment de pas être suffisamment informés pour identifier les métiers porteurs. La future appli, prévue à l'automne, avec un compte personnel de formation "à la main" de l'individu pourra-t-elle changer la donne ?

C'est une enquête en forme d'avertissement que livre l’Observatoire des trajectoires professionnelles, animé par Lab’Ho (groupe Adecco), le laboratoire Lipse d’IGS-RH (groupe IGS) et LHH Altedia, dans un sondage dévoilé hier soir. Les chercheurs se sont intéressés à la mobilité professionnelle, aux motivations des actifs face à la formation et à leur niveau d’appropriation des dispositifs.

Mutation des métiers

Et il y a là un premier paradoxe. Si le marché de l'emploi est plus fluide qu’il n’y paraît - un actif sur trois a connu une transition professionnelle, en 2018, contre un sur quatre auparavant-, 64 % des 1 000 salariés sondés estiment ne pas être suffisamment informés pour identifier les métiers et/ou secteurs porteurs en matière d’emploi.

Dans ce contexte, comment choisir un emploi durable, "sécurisé", en toute connaissance de cause ? "La question demeure de savoir si ces mouvements importants sur le marché de l’emploi préparent réellement l’avenir", insistent les auteurs. Autrement dit, ce dynamisme répond-il à une véritable stratégie de sécurisation des parcours professionnels ?

Les outils méconnus de loi Avenir Professionnel

La loi Avenir professionnel part du constat que 50 % des emplois vont être profondément transformés dans les 10 ans à venir. Aussi s’efforce-t-elle de donner des outils aux salariés pour s’approprier les dispositifs de formation : entretien professionnel, conseil en évolution professionnel, compte personnel de formation "à la main de l’individu", sans intermédiaire obligatoire. Mais l’exécutif se heurte ici à deux obstacles.

D’une part, les salariés ne conçoivent pas la formation professionnelle comme un moyen de se préparer à un futur métier. Il s’agit, à leurs yeux, "d’acquérir de nouvelles compétences", de "mieux maîtriser (leur) activité professionnelle actuelle" ou encore "d’apprendre et de se développer personnellement". D’ailleurs, seuls 20 % des 1000 salariés sondés estiment que les nouvelles technologies vont impacter leur emploi. Or, "sans cette prise de conscience, il apparaît peu probable que les actifs se dirigent massivement vers les dispositifs de formation", note l’étude.

D’autre part, les salariés ont une méconnaissance globale du système. Car si 70 % envisagent effectuer une formation dans les cinq ans à venir, 50 % déclarent "ne pas savoir vers qui se tourner pour trouver de l’aide, de l’accompagnement et des conseils pour réorienter sa carrière". Outre le déficit d’informations sur les métiers porteurs, 80 % assurent n’avoir jamais entendu parler du conseil en évolution professionnelle et 91 % déclarent ne pas savoir comment avoir recours aux dispositifs de financement de la formation professionnelle, en dehors du plan de formation.

Un CPF "à la main de l’individu"

Certes, depuis la loi de 2014, quelques progrès ont été faits. 31% des actifs déclarent "avoir ouvert leur compte personnel de formation en ligne", contre 20 % l’année précédente. Et 7,2 % des actifs ont bénéficié d’une formation dans le cadre de leur CPF. Mais dans un même temps, près d’un actif sur quatre semble ignorer ce qu’est le CPF.

Et c’est là que le bât blesse. La loi Avenir professionnel instaure une nouvelle relation entre organismes de formation et salariés. De fait, la future appli, prévue à l’automne, avec un compte personnel de formation alimenté en euros et non plus en heures, sera à "la main de l’individu". Il pourra directement accéder au montant des droits inscrits sur son compte, aux abondements dont il bénéficie ainsi qu’à des informations sur les formations et leurs débouchés. Il pourra s’inscrire à une formation et payer l’organisme de formation, sans mobiliser d’intermédiaire.

Oui mais voilà. Faute d’appropriation, le système pourrait rater son objectif. Et notamment envers les moins qualifiés.

Effort de pédagogie

La réussite de cette réforme passe donc par un important exercice de pédagogie. Elle repose également sur "le développement de dispositifs d’accompagnement et d’orientation", insistent les chercheurs. D'ailleurs, lorsqu’ils effectuent leur entretien professionnel, 73 % des salariés se déclarent "satisfaits" voire "très satisfaits" de ce face à face.

"Sans ces dispositifs, la liberté de choisir (son avenir professionnel) paraît bien limitée tant les actifs ne savent pas où trouver de l’information par eux -mêmes", avertissent les auteurs.

 

Rédaction actuEL RH