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L'utilisation d'outils numériques favorise l'apprentissage informel

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L'utilisation d'outils numériques favorise l'apprentissage informel

Les liens entre l'utilisation des nouvelles technologies et la capacité à se former ou à être formé sont très étroits. C'est ce que démontre une étude récente du Centre d'études et de recherches sur les qualifications.

Les relations entre la formation et les nouvelles technologies constituent un cercle vertueux, ou un cercle vicieux selon le point de vue où l'on se place et, surtout, selon le lien que chaque salarié tisse avec les TIC. Cette interaction peut se résumer ainsi : plus le salarié est formé et mieux il accède aux avancées offertes par les nouvelles technologies. Inversement, maîtriser les nouvelles technologies, c'est augmenter ses chances d'être formé, de manière formelle et informelle. "Les technologies de l'information et de la communication sont susceptibles d'offrir des possibilités nouvelles d'organisation du travail. Elles favorisent également le développement des compétences des salariés, non seulement par les formations régulières qu'elles impliquent du fait de leur évolution constante, mais aussi parce qu'elles stimulent, par leur usage quotidien, les apprentissages au travail", explique ainsi le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Céreq), dans une note publiée la semaine dernière (*).

Cinq profils de salariés plus ou moins connectés

Afin de comprendre comment se nouent les relations entre nouvelles technologies et formation, il faut reprendre les cinq profils d'utilisateurs identifiés par le Dispositif d'enquêtes sur les formations et itinéraires des salariés (DEFIS) :

  1. Les "nomades" : ils représentent 16 % des salariés, sont les plus connectés et se différencient par un recours très important aux outils de communication instantanée ;
  2. Les "relations clients" : ils constituent la même part (16 %) et sont des utilisateurs du mail et des moteurs de recherche ;
  3. Les "tâches en ligne" : 25 % des salariés en font partie. Ils ont une utilisation très orientée vers la recherche d'informations des nouvelles technologies et ont recours à des outils qui facilitent la coordination en interne ;
  4. Les "recherche d'emploi" : 13 % des salariés ont un faible recours aux outils numériques, seulement pour se documenter ou rechercher un emploi ou pour effectuer des tâches assez périphériques à leur travail ;
  5. Les "distants" : 14 % des salariés en font partie ; ils ont une utilisation des outils connectés assez faible qui se limite aux mails et à l'intranet.

Il faut souligner, qu'en dehors de cette classification, 16 % des salariés ne sont pas du tout connectés. Ils n'utilisent aucun des outils informatiques, ce qui n'exclut toutefois pas l'utilisation occasionnelle d'un équipement numérique.

Les liens ténus entre formation et utilisation des outils numériques

Le Céreq insiste sur le fait que les salariés les plus connectés accèdent plus facilement à la formation organisée ; inversement, les salariés les plus formés sont ceux qui utilisent le plus les outils connectés. Mais ils bénéficient également d'apprentissages informels plus nombreux. La raison en est simple : "le recours aux TIC est souvent associé à des modes d'organisation du travail déjà fortement propices au développement des apprentissages : nombreuses interactions, prise de recul, pratiques de management favorisant les groupes de travail ou le travail autonome, l'innovation ou encore la motivation". Tout un ensemble de situations qui stimulent les apprentissages informels sous toutes leurs formes à l'occasion d'échanges entre collègues (69 % des profils "tâches en ligne"), de réunions (61 % des profils "nomades") ou en traitant un incident (51% des profils "relation client").

Le revers de la médaille, ce sont des salariés peu connectés qui sont aussi peu formés. "Les salariés qui utilisent le moins les outils connectés, les "distants" et les "non-connectés" sont également ceux qui suivent le moins de formations organisées et lorsque c'est le cas, il s'agit le plus souvent de formations obligatoires", note le Céreq. Bien souvent, l'explication tient au fait que le travail qu'ils sont amenés à réaliser implique peu d'échanges, peu d'autonomie et des gestes répétitifs.

Investir sur la formation et les compétences

Comment remédier à cette situation ? Le Céreq recommande de profiter de nouveaux dispositifs pour former davantage ces salariés à l'utilisation des outils numériques. "Ces résultats conduisent à encourager l'accès de ces salariés à des formations visant l'acquisition de compétences numériques de base, via des dispositifs tels que le CléA numérique ou l'accès à des formations aux métiers du numérique, à l'instar des engagements du Plan d'investissement dans les compétences (PIC) en faveur des jeunes et des demandeurs d'emploi peu qualifiés".

(*) "La formation des salariés 2.0 : l'effet levier des TIC", de Marion Lambert. Céreq Bref n° 376, 2019.

 

Florence Mehrez