1. Accueil
  2. /
  3. Actualites
  4. /
  5. Gestion finance comptabilite fiscalite
  6. /
  7. Mieux comprendre le principe des amortissements en comptabilité
Comment bien comptabiliser les amortissements ?

BLOG / Gestion - Finance - Comptabilité - Fiscalité

Mieux comprendre le principe des amortissements en comptabilité

Les amortissements sont la traduction comptable de l’usure des immobilisations achetées ou construites par l’entreprise. À de rares exceptions (comme les terrains), toutes les immobilisations sont amorties. Découvrez comment enregistrer les amortissements en comptabilité. 

Amortissements : toutes les définitions à connaître 

Certains termes doivent être connus avant d’aller plus en avant dans la fiche pratique : 

  • Valeur brute (ou VB) : correspond au prix d’acquisition hors taxes de l’immobilisation (ou au coût de fabrication si l’entreprise a fabriqué l’immobilisation elle-même.

  • Valeur résiduelle (ou VR) : correspond au prix de vente estimé de l’immobilisation à l’issue de sa durée d’amortissement

  • Base amortissable : correspond à la base de calcul de la dotation aux amortissements.

  • Durée d’amortissement : correspond à la durée de vie de l’immobilisation.

  • Dotation aux amortissements (ou amortissement annuel, ou annuité d’amortissement) : correspond à l’amortissement de l’immobilisation au titre d’un exercice donné.

  • Amortissement cumulé : correspond à la somme des dotations aux amortissements à une date donnée.

  • Valeur Nette Comptable (ou VNC) : correspond à la différence entre la valeur brute et les amortissements cumulés. 

Découvrez les principales méthodes d’amortissements 

Les méthodes d’amortissements sont classées en deux grandes familles : les amortissements comptables et les amortissements fiscaux. 

Comprendre les amortissements comptables

Plusieurs méthodes existent, mais la principale méthode est la méthode linéaire dont voici les caractéristiques : 

  • Base amortissable = VB – VR

  • Date de début d’amortissement = date de mise en service de l’immobilisation 

  • Dotation aux amortissements (sur une année entière) = (VB – VR) / durée d’amortissement

  • Dotation aux amortissements de la 1ère année (si l’immobilisation n’est pas mise en service le 1er jour de l’année) = [(VB – VR) / durée d’amortissement] x (nombre de jours entre la date de mise en service et la fin de l’année) / 360 

 

Il convient de préciser que si l’immobilisation n’est pas mise en service le 1er jour de l’année, alors non seulement la dotation aux amortissements de la première année devra être proratisée (voir formule précédente), mais la dernière annuité d’amortissement correspondra à la différence entre la dotation aux amortissements sur une année entière et la dotation aux amortissements de la première année. 

 

Réalisons un exemple en prenant les hypothèses suivantes : 

  • VB = 60 000 €
  • ​Durée d’amortissement = 5 ans
  • ​Date d’acquisition = 15/09/N


Bien comprendre les amortissements fiscaux

Plusieurs méthodes existent, mais les principales méthodes sont la méthode linéaire et la méthode dégressive. 

Quand choisir la méthode linéaire ?

Les caractéristiques de la méthode linéaire fiscale sont les mêmes que celles présentées pour la méthode linéaire comptable à une exception près. Ainsi, la méthode linéaire fiscale ne reconnaît pas la notion de valeur résiduelle. 

Par conséquent, s’agissant de la méthode linéaire fiscale, la base amortissable correspond uniquement à VB (et non à VB – VR comme la méthode linéaire comptable). 

Quand choisir la méthode fiscale ?

L’amortissement dégressif peut être utilisé pour les immobilisations achetées neuves et dont la durée d’amortissement est au moins égale à 3 ans. 

Les caractéristiques de l’amortissement dégressif sont les suivantes : 

  • Base amortissable = VB

  • Date de début d’amortissement = 1er jour du mois d’achat de l’immobilisation

  • Taux dégressif = coefficient dégressif / durée d’amortissement

  • Taux linéaire = 1 / durée d’amortissement restante en début d’année 

  • Dotation aux amortissements de la 1ère année = VB x taux dégressif x (nombre de mois entre le 1er jour du mois d’achat et la fin de l’année / 12)

  • Tant que le taux dégressif > taux linéaire, dotation aux amortissements = VNC à la fin de l’exercice précédent x taux dégressif

  • Dès que le taux dégressif < taux linéaire, la méthode d’amortissement dégressive est  abandonnée au profit de ma méthode d’amortissement linéaire. Par conséquent, dotation aux amortissements = dernière VNC calculée en dégressif / nombre d’année d’amortissements restantes 

 

Réalisons un exemple en prenant les hypothèses suivantes

  • VB = 100 000 € - Durée d’amortissement = 8 ans
  • Date d’acquisition = 20/09/N
  • ​Date de mise en service = 20/09/N


 

Amortissements : maîtriser les calculs de bases

 
  • Calcul du taux dégressif 

 

Taux dégressif = coefficient dégressif / durée d’amortissement = 2.25/8=28,13% 

 
  • Calcul du taux linéaire 

 

Taux linéaire de l’année N = 1/8 = 12,50% 

Taux linéaire de l’année N+1 = 1/7 = 14,29% 

Taux linéaire de l’année N+2 = 1/6 = 16,67% 

Etc. jusqu’à N+7 inclus. 
 

  • Comparaison du taux dégressif et du taux linéaire 

Les deux premières colonnes (« taux dégressif » et « taux linéaire ») n’ont qu’un seul but, à savoir à partir de quelle année la méthode d’amortissement dégressif sera remplacée par la méthode d’amortissement linéaire. 

Comme nous le constatons, c’est à partir de N+5 que le taux linéaire devient supérieur au taux dégressif et que par conséquent la méthode d’amortissement utilisée à partir de cette année-là est celle de l’amortissement dégressif. 
 

  • Calcul de la dotation aux amortissements de l’année N 

Dotation N = base amortissable x taux dégressif x (nbr de mois entre le 1er jour du mois d’achat et le dernier jour de l’année) 

= 100 000 x 28,13% x 4 / 12 

= 9 375 € 
 

  • Calcul de la dotation aux amortissements de l’année N+1 

Dotation N+1 = base amortissable x taux dégressif x (nbr de mois entre le 1er jour du mois d’achat et le dernier jour de l’année) 

= 90 625 x 28,13% 

= 25 488 € 
 

  • Calcul de la dotation aux amortissements de l’année N+2 

Dotation N+2 = base amortissable x taux dégressif x (nombre de mois entre le 1er jour du mois d’achat et le dernier jour de l’année) 

= 90 625 x 28,13% 

= 25 488 € 
 

  • Calcul de la dotation aux amortissements à partir de l’année N+5 

Dotation N+5 = dernière VNC connue / durée d’amortissement restante 

= 24 186 / 3 

= 8 062 € 

La comptabilisation des amortissements 

En pratique, plusieurs situations peuvent se rencontrer. Nous allons nous concentrer sur les deux cas les plus fréquents : 

  • 1er cas : soit l’immobilisation ne peut pas bénéficier de l’amortissement dégressif, et le seul amortissement à comptabiliser sera l’amortissement linéaire comptable ;

  • 2ème cas : soit l’immobilisation peut bénéficier de l’amortissement dégressif, et deux amortissements seront à comptabiliser : l’amortissement linéaire comptable et l’amortissement dérogatoire. 

Le cas de l’immobilisation sans amortissement dégressif

Que faire quand l’immobilisation ne peut pas bénéficier de l’amortissement dégressif et que le seul amortissement à comptabiliser est l’amortissement linéaire comptable ?

Deux comptes s’articulent ensemble en matière de comptabilisation d’amortissements : le compte 28 « Amortissements des immobilisations » et le compte 6811 « Dotations aux amortissements sur immobilisations incorporelles et corporelles ». Chacun de ces comptes dispose de sous-comptes permettant d’être plus précis dans la nature d’amortissements réalisés. 

En reprenant l’exemple développé le paragraphe « Les amortissements comptables », nous allons comptabiliser la dotation au titre de l’année N qui, pour rappel, s’élève à 3 533 € .

Quand l’immobilisation peut bénéficier de l’amortissement dégressif 

Dans ce cas, deux amortissements seront à comptabiliser : 

  • l’amortissement linéaire comptable,

  • et l’amortissement dérogatoire.

Nous avons déjà étudié l’amortissement linéaire comptable. Concentrons-nous sur l’amortissement dérogatoire. Ce dernier correspond à la différence entre l’amortissement fiscal dégressif et l’amortissement linéaire comptable. 

Lorsque la dotation aux amortissements dégressifs fiscaux est supérieure à la dotation aux amortissements linéaires comptables, il est procédé à une dotation aux amortissements dérogatoires (compte 68725 « Dotations aux amortissements dérogatoires » avec pour contrepartie le compte 145 « Amortissements dérogatoires »). 

A contrario, lorsque la dotation aux amortissements dégressifs fiscaux est inférieure à la dotation aux amortissements linéaires comptables, il est procédé à une reprise sur amortissements dérogatoires (compte 78725 « Reprises sur amortissements dérogatoires » avec pour contrepartie le compte 145 « Amortissements dérogatoires »). 

En reprenant l’exemple développé dans le paragraphe « La méthode fiscale », il nous reste à préparer le plan d’amortissement linéaire comptable puisque nous disposons déjà du plan d’amortissement dégressif fiscal. 

Le plan d’amortissement linéaire comptable va se présenter ainsi :



Si nous comparons les dotations aux amortissements comptables et fiscaux, nous obtenons :



Comptabilisons maintenant la dotation aux amortissements comptables et la dotation aux amortissements dérogatoires au titre de l’année N :



À titre d’exemple, comptabilisons la dotation aux amortissements comptables et la reprise sur amortissements dérogatoires au titre de l’année N+4 :



Envie d’en savoir plus ?  Découvrez notre offre de formations en comptabilité générale.