Du droit à la déconnexion à la digital détox

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Le droit à la déconnexion instauré par la loi travail promulguée le 8 août 2016 est entré en vigueur depuis le 1er janvier 2017, soit il y a déjà plus d’un an. Visant à assurer un meilleur équilibre temps de travail/vie privée, le droit à la déconnexion est « le droit pour un salarié de ne pas être en permanence joignable pour des motifs liés à l'exécution de son travail. Ce droit lui assure ainsi la possibilité, en dehors de ses heures de travail, de se couper temporairement des outils numériques lui permettant d'être contacté dans un cadre professionnel (smartphone, internet, email, etc.) ».

Quels sont les enjeux de sa mise en œuvre ? Nous avons posé la question à Patricia Barenfeld, consultante en conduite du changement, coach en leadership, communication et mobilisation des équipes.

Quels sont les enjeux du droit à la déconnexion selon vous ?

Les enjeux sont très importants selon moi. J’en ai d’ailleurs fait l’expérience pour avoir moi-même été emportée dans une spirale d’intense connexion !

L’empiètement sur la vie personnelle devient rapidement une forme d’addiction, dès lors que l’on a des responsabilités dans l’entreprise et que l’on ne veut pas se couper du flux d’informations quasi continu. La peur d’être en retard, de rater des informations ainsi que la pression de répondre en temps réel induisent un stress important. Cette dépendance à l’information s’accompagne d’une difficulté à prendre du recul, hiérarchiser l’information et à se concentrer. L’enjeu se cristallise dans la contradiction suivante : je reste connectée au détriment de mon bien-être et de l’équilibre travail / vie personnelle ou, je me déconnecte et je me sens en insécurité en étant coupée de l’information.

La loi ne prévoit pas les modalités d’application de ce droit, chaque entreprise doit établir un accord employeur-salarié ou à défaut une charte afin de définir les modalités de cette déconnexion. Quels sont, selon vous, les éléments importants à prendre en compte ?

Pour être efficacement traité, le droit à la déconnexion doit être porté par l’ensemble de la hiérarchie. C’est une question de collectif et les managers ont un rôle central pour que cela fonctionne. C’est d’autant plus crucial qu’ils sont les premières « victimes » de cette addiction à l’information !

L’idéal est de considérer ce sujet comme une opportunité de cohésion au sein des équipes. En fait, le droit à la déconnexion invite à redéfinir les règles implicites qui régissent les relations au sein du groupe. Chacun peut constater que ces règles ont glissé depuis une dizaine d’années avec l’utilisation des smartphones, ordinateurs personnels…d’où ce nouveau droit d’ailleurs.  En partant d’une obligation légale, l’entreprise peut initier un nouveau souffle dans les équipes en leur permettant de réfléchir ensemble à leurs relations. D’ailleurs, même si les accords sont déjà établis, il n’est jamais trop tard pour mettre à plat les nouvelles pratiques.

Quelles sont vos expériences dans cet accompagnement à la déconnexion ?

Il ne faut pas sous-estimer le côté addictif de la connexion. J’ai donc une approche originale et d’une efficacité radicale ! J’utilise l’équicoaching pour susciter le dialogue entre managers et collaborateurs. J’emmène des équipes travailler avec des chevaux pendant une journée afin d’apprendre à créer une relation de confiance et développer leur intelligence émotionnelle. Évidemment, tous les accès au téléphone et internet sont coupés. C’est à travers la relation avec le cheval, loin de tout, que les personnes se reconnectent à elle-même et aux autres. Inutile d’être un amoureux du cheval, les exercices se font à terre. Le cheval sert d’initiateur aux secrets de la communication et dans la foulée, un vrai dialogue s’instaure au sein de l’équipe qui repart sur des bases nouvelles.

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