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La méthode agile : spécificités et déclinaison

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Nous avons demandé à Pascal Drouet, Consultant et formateur en Management de projet, leadership et Direction de projet de nous parler du mode agile. Son parcours en cabinet puis à son compte l’a amené à diriger de nombreux projets chez ses clients à la fois avec les méthodes traditionnelles et puis avec les méthodes agiles.

Elegia : Pouvez-vous définir le mode agile en quelques mots ?

Pascal Drouet : C’est une méthode de travail itérative et collaborative axée sur le partage, qui positionne le client au centre du projet en opposition aux méthodes traditionnelles qui impliquent moins d’interactions entre les acteurs. C’est aussi une méthode participative qui s’appuie sur des cycles courts à la différence des méthodes traditionnelles ayant des cycles plus longs pour réaliser les différentes phases de gestion de projet. L’une des méthodes Agile la plus courante est la méthode « Scrum ».

EL : A quoi s’applique-t-elle ?

P.D : C’est une méthode qui a été introduite pour le développement informatique pour faire face aux échecs des projets. Cela part du constat qu’une proportion très importante des projets n’aboutissent pas ou ne respectent pas les objectifs de départ en termes de planning, budget ou périmètre. La méthode agile se fonde sur des cycles courts pour anticiper et éviter les dérives très en amont. Aujourd’hui, elle est beaucoup utilisée par les start-up du web et au sein des grands groupes notamment par les Directions informatiques à qui elle permet de gagner en efficacité.

EL : Quel en est le principe ?

P.D :  Dans les méthodes traditionnelles, dite cycles en V, le process est le suivant : un client exprime un besoin métier à travers un appel d’offres. La première étape consiste à analyser le besoin du client puis à rédiger des spécifications générales puis détaillées qui doivent être validées par les responsables métiers du client. Il s’agit d’un premier tunnel qui peut prendre plusieurs mois et pendant lequel le besoin et l’environnement peuvent continuer à évoluer. Après cette phase de validation, on rentre dans un second tunnel de développement qui débouche sur la phase de recette : tests utilisateurs et test d’intégration avec de nombreuses itérations avant la mise en production.

En mode agile, on passe également par la phase d’analyse des besoins ou d’analyse d’écarts dans le cas de solutions progiciels mais rapidement sont lancé les développements sur des cycles courts.

Le « Backlog » contient l’ensemble des fonctionnalités à développer mais, toutes ne sont pas décrites en détail avant de début des développements. Le « Product Owner », qui peut être un acteur du côté du client, priorise et décrit les fonctionnalités à développer dans le cadre d’un cycle de développement appelé un « Sprint ». Les sprints sont en général des cycles de 3 à 5 semaines à l’issue desquels on livre au client un produit partiel qui sera analysé puis testé par le client. Le sprint suivant est alors lancé avec de nouvelles fonctionnalités puis les réajustements demandés par le client suite aux tests du sprint précédent. C’est le « Scrum Master» qui est responsable des cycles de développement avec son équipe. En général, les développements et les tests unitaires sont gérés sur des outils dédiés. Le Scrum Master affecte des « tickets » qui représentent des développements spécifiques à réaliser, à chaque développeur.

Il existe un rituel essentiel dans le mode agile, c’est le stand-up : une réunion débout comme son nom l’indique, très rapide, qui se déroule chaque matin où le Scrum Master réunit son équipe ainsi que le Product Owner. Chaque acteur répond en quelques minutes aux questions suivantes : ce qu’il a fait la veille, ce qu’il va faire le jour même et s’il a rencontré un problème dans ses travaux. Si le problème nécessite une analyse plus poussée, il sera réglé en dehors du Stand-up. En revanche cela permet un suivi régulier et très précis de tous les travaux.

EL : Vous qui connaissez bien les deux méthodes de gestion de projet, traditionnelle ou agile, quel regard portez-vous sur cette approche ?

P.D : C’est une méthode efficace si tout le monde joue le jeu. C’est même une révolution qui permet de corriger le tir très rapidement si l’on ne va pas dans la bonne direction, de revoir le chiffrage s’il y a un imprévu. Elle est très efficace en termes de tenue des objectifs. Elle implique une au-organisation des équipes qui sont plus réactives pour s’adapter aux changements du client.

Il y a tout de même une condition pour que cela fonctionne : c’est que le client joue le jeu, c’est-à-dire qu’il accepte de fonctionner sur un rythme soutenu lié aux cycles courts puis que tous les membres acceptent un contrôle quotidien des travaux qu’ils réalisent, ce qui peut créer des résistances.

EL : Où voyez-vous le mode agile se décliner ?

P.D : Le mode agile peut se décliner dans beaucoup de domaines à commencer par le management. Le principe des réunions stand-up est tout à fait transposable à une équipe où chacun est responsable d’une tâche à réaliser. On peut aussi utiliser le principe du tableau Kanban affiché pour tous avec des post-it pour les actions à réaliser et des colonnes : à faire, fait, etc. C’est une méthode visuelle et partagée qui permet une meilleure communication, un plus grand partage et une plus grande transparence au sein de l’équipe. Encore une fois, cela suppose un accompagnement du changement pour les personnes qui ne vont pas se retrouver dans cette approche « hyper-contrôlante » et risquent de résister.