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Les rémunérations des cadres à l’épreuve du Covid 19

Selon le baromètre de la rémunération des cadres dévoilé hier par l’Apec, la crise économique due à l’épidémie de Covid-19 pourrait provoquer une baisse des salaires en 2020. Les premiers touchés seront les commerciaux, les cadres des grandes entreprises mais aussi les moins de 30 ans.

C’est l'un des dommages collatéraux du coronavirus : les salaires des cadres devrait marquer une pause cette année. C’est ce que dévoile le baromètre 2020 de la rémunération des cadres, réalisé par l’Apec et publié hier. "La crise économique a d’ores et déjà un impact visible sur l’emploi des cadres, mais elle aura certainement un impact sur leurs rémunérations", avertit Gilles Gateau, directeur général de l’Apec.

 

Chute du variable

La chute des rémunérations variable explique tout d’abord cette dégradation qu’il s’agisse de la prime sur objectif, d’une commission sur le chiffre d’affaires ou encore d’une part variable en lien avec le niveau de performance de l’entreprise. Sans surprise, ce sont les commerciaux qui seront les premiers touchés. En 2019, 72 % d’entre eux disposaient d’une rémunération variable contre 49 % pour les autres fonctions.

Périphériques de rémunération en berne

Ce coup de frein sera également dû à la chute des périphériques de rémunération basés sur les résultats économiques des entreprises. A titre de comparaison, lors de la crise financière de 2009, les montants de participation et d’intéressement avait dégringolé respectivement de 15 % et 3 % en France. Ce qui représentait un manque à gagner de 1,4 milliard d’euros pour les salariés par rapport à 2018. Ce sont cette fois les cadres des grandes entreprises mieux dotés qui pourraient pâtir le plus de cette situation.

Les moins de 30 également impactés

Autres craintes : une baisse de la rémunération fixe n’est pas à exclure en cas accords de performance collective dans les entreprises. De même, l’Apec anticipe une évolution salariale moins favorable pour les cadres "en début de carrière". L’an passé, 62 % des cadres de moins de 30 ans ont connu une augmentation (contre 38 % pour les plus e 50 ans). Parmi ceux qui ont changé d’entreprise, 78 % des moins de 30 ans ont été augmentés, contre 54 % pour les plus de 50 ans. Or, la crise va mettre un coup d’arrêt à la mobilité externe, source de coup de pouce salarial.

Enfin, en cas de chômage, le retour à l’emploi s’accompagne parfois d’une baisse de rémunération. L’an passé, 28 % des cadres au chômage ont même vu leur salaire diminuer par rapport à leur précédent poste, soit un taux deux fois plus élevé que celui des cadres ayant changé d’enteprise sans période de chômage.

Cristalliser les inégalités femmes/hommes

Surtout, la crise pourrait creuser les inégalités salariales femmes/hommes. Si l’Index a permis de réduire (un peu) l’écart, les efforts pourraient être mis à mal avec des enveloppes resserrées. "C’est un vrai risque, alerte Gilles Gateau. Les entreprises devront être vigilantes à ne pas ralentir le rythme - encore trop lent - de la réduction des inégalités salariales entre les femmes et les hommes. Il faut conserver des marges de manœuvre salariales pour poursuivre et accélérer le mouvement". Selon le baromètre, le gap persiste : à profil identique, les hommes gagnent 8 % de plus que les femmes.

 

Article écrit par Anne Bariet

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