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  7. La LXP, une version apprenant centric de la LMS

BLOG / Pédagogie
Depuis que Gardner a utilisé ce nouvel acronyme dans un de ses rapports en 2018, vous avez probablement entendu parler de LXP ou Learning eXperience Plateform, cette plateforme de stockage et de diffusion de contenu digital learning qui voudrait s’émanciper de la traditionnelle LMS jugée, il est vrai, trop rigide. Mais alors, la LXP, véritable innovation ou effet marketing ?

Une bibliothèque digitale plutôt qu’un parcours et une session assignée

 
D’un point de vue de l’expérience utilisateur, la LXP crée une cassure par rapport à sa grande sœur, elle se veut ouverte à l’apprenant et encourage la sérendipité.

Là où la LMS nous propose de rentrer dans le moule d’un parcours et d’une session bien définie, la LXP, elle, met à disposition l’ensemble d’un catalogue que l’apprenant va pouvoir « picorer » comme il le souhaite et surtout quand il le souhaite facilitant la formation « juste à temps ». 

Alors j’entends d’ici certaines voix derrière leur écran dire « Oui mais le mode bibliothèque je peux l’avoir avec le catalogue de ma LMS »… Et vous avez raison ! Seulement dans la plupart des LMS en question, le nombre de clics pour arriver à visionner la ressource de son catalogue est énorme. On est sur certaines LMS autour de 5 ou 6 clics pour arriver à sa ressource ce qui a l’heure des one-clic app est bien entendu beaucoup trop.

A cette amélioration d’expérience utilisateur s’ajoute une amélioration de ce que l’on pourrait appeler l’expérience administrateur. En éliminant la notion de session la LXP améliore la vie des administrateurs qui auront tout le loisir de gérer l’administration des ressources et beaucoup moins des apprenants.

Un changement de paradigme et de technologies

Plus qu’une amélioration de l’UX, la LXP inverse « la logique de 1971 » qui voudrait que l’entreprise soit entièrement responsable de la formation de ses salariés.

Elle s’inscrit dans la logique de la réforme de 2018 qui prône une responsabilisation des salariés par rapport au développement de leurs compétences. En effet, en proposant un système de bibliothèque la LXP permet aux salariés de se former (d’apprendre ?) à ce qu’il souhaite où et quand il le souhaite, elle apporte donc la notion de vouloir apprendre peu ou prou inexistante dans une LMS. 

Ce changement de paradigme s’accompagne, comme souvent, de nouvelles technologies assez pointues et notamment en terme d’adaptive learning. Calquant le modèle d’hyperpersonnalisation évangélisé par les géants du web,  la LXP propose de s’adapter au profil de l’apprenant pour l’aider et l’accompagner tout au long de son processus d’apprentissage. Certaines LXP proposent un double niveau d’adaptation : un niveau contenu (j’ai visionné cette ressource donc cette autre pourra m’intéresser) et un niveau modalité (j’ai l’habitude de me former en regardant des vidéos donc la plateforme me propose des vidéos). Assez impressionnant je vous l’assure.

L’environnement capacitant condition sine qua non de la réussite d’un projet LXP

Avec des résultats assez inquiétants en termes de taux de complétude, le digital learning ne respecte pas encore toutes ses belles promesses. Les recherches qui s’intéressent à ce sujet démontrent que la place de l’humain et de l’organisation de l’apprentissage sont des conditions indispensables au bon déroulement d’un projet d’apprentissage distanciel.


Malgré toutes ses qualités, la LXP ne dérogera pas à cette règle. Et si elle se veut engageante il est quand même difficile d’imaginer une plateforme sans intervention humaine et surtout sans mieux organiser la formation distancielle en entreprise.


Plus haut dans cet article nous discutions du « vouloir apprendre » favorisé par la LXP et c’est aussi le cas du « savoir apprendre » puisque cette dernière s’adapte au niveau de l’apprenant (à condition d’avoir les contenus adéquats). Mais quid du « pouvoir apprendre » ? Troisième larron du fameux triptyque de l’apprenance, le pouvoir apprendre nécessite l’intervention de l’organisation qui se doit d’être un facilitateur de l’apprentissage en entreprise. Un exemple concret serait par exemple d’instaurer des plages horaires dédiées à l’apprentissage en ligne (comme on le fait pour le présentiel finalement)
 

A la vue de ces divers arguments on peut affirmer que la LXP n’est pas qu’une énième appellation loufoque que les EdTechs nous offrent, en renversant le paradigme de l’apprentissage, elle apparaît comme étant la dernière grosse innovation du secteur de ces deux dernières années. Une faille pourtant semble se distinguer : Le terrain du légal va-t-il suivre ? Affaire à suivre …

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