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Repenser nos pratiques pour construire l'expérience apprenante en entreprise

La réforme de la formation nous entraine vers une vision anglo-saxon de la formation qui incite les entreprises à proposer une nouvelle approche de l’expérience apprenante en entreprise qui passe par une réinvention de nos modalités pédagogiques et un changement dans nos pratiques. Quelques pistes de réflexion sur le sujet.

Créer une nouvelle  expérience d’apprentissage : repenser nos modalités pédagogiques

 
Pour que l’expérience apprenante soit un succès, elle doit nécessairement mettre le salarié, l’apprenant perpétuel, au cœur de son environnement. Et cela doit se voir dans ses modalités pédagogiques, en présentiel, en distanciel ou en AFEST
Si le présentiel n’est bien entendu pas à éliminer, il deviendrait plus évènementiel et à la demande du salarié. On pourrait alors imaginer la possibilité d’évènement/présentiel à la carte sur demande des salariés. Pour ce faire, le processus d’inscription au présentiel doit être fluidifié. On pourrait ainsi imaginer que l’entreprise, à l’image du CPF, mettent à disposition une certaine somme, un budget annuel pour chaque salarié qui pourrait en disposer selon ses envies et ses besoins.  Une sorte de « budget individualisé pour la compétence ».
En plus de cette somme, l’entreprise devrait repenser sa stratégie digital learning. Elle pourrait mettre à disposition un grand (très grand !) nombre de capsules digitales. En effet, à l’heure où la formation se transforme et devient apprenant centrique, mettre à disposition des grains pédagogiques courts et liés à la réalité opérationnelle des salariés pourrait être une solution pour résoudre les problèmes opérationnels du quotidien.  
Enfin, directement lié à la réforme de la formation professionnelle, l’entreprise devrait se tourner vers les AFEST en incitant la mise en place de moments de réflexivité avec les managers ou avec les pairs, pour prendre du recul sur leurs pratiques et se positionner dans une logique d’amélioration de ces dernières.

… Et nos outils et pratiques !


De tels changements passent aussi par un outillage. Si la LMS paraît dans cette situation désuète, la LXP, inspirée des grandes réussites de la tech, ressemble de plus en plus à la plateforme du futur. Adaptative, user-friendly dans son UX, gamifié, et surtout apprenant-centrique, elle a tout être la technologie qui permettra d’instaurer la logique de autonomisation des individus.  
Cependant pour que cette plateforme soit utilisée elle devra être interconnectée. Interconnectée avec le SIRH bien entendu afin de mieux cartographier les compétences et suivre le développement de ces dernières, mais surtout interconnectée avec l’ensemble des SI présents dans la réalité opérationnelle des salariés. Un commercial devra donc avoir un accès direct à sa plateforme de développement des compétences, un manager directement via Slack ou sur Teams, etc.

C’est ce qu’on appelle le learning in flow of work  

 

Si l’entreprise ne peut peu ou prou pas interférer dans le savoir ou le vouloir apprendre de l’individu elle peut par contre influencer le pouvoir apprendre de l’individu ? En mettant à disposition des outils  et des ressources comme on a pu le voir mais pas que ! Elle peut (doit ?) aussi mettre à disposition du temps (qui se fait de plus en plus rare) et des moyens d’apprendre : n’oublions pas l’importance du matériel d’apprentissage, difficile de suivre un module e-learning sans écouteurs ou de faire un entretien réflexif dans un open-space plein à craquer !

Paul-Augustin Dennery, Responsable ingéniérie pédagogique - Elegia Formation