Et si on arrêtait avec le novlangue pédagogique

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Entre deux allées du Learning technologies, en passant entre les stands on peut apercevoir de nombreuses expressions qui reviennent en permanence : rapid learning, mobile learning, adaptive learning, MOOC, COOC, SPOC, etc. Bref un jargon loin d’être compréhensible pour les profanes du milieu et qui a aussi tendance à embrouiller les professionnels de la formation.

Nous engageons en jouant, c’est la gamification, nous apprenons sur notre téléphone c’est le mobile learning, il est même revenu dans quelques discussions l’existence du « bite-size learning », traduit littéralement l’apprentissage par bouché, comme si l’on se gavait de connaissances jusqu’à être repu.

Tandis que l’on s’évertue à inventer de nouveaux concepts aux définitions discutables (pour peu que le mot learning apparaisse vous pouvez y placer à peu près n’importe quel mot devant en fait !) nous, professionnels de la formation, jouons probablement à un jeu très dangereux en nous dédouanant de la qualité de l’apprentissage au profit d’une technologie roi. En fait, nous faisons deux erreurs : croire en ces faux prêcheurs et désacraliser l’apprentissage.

Non, apprendre « n’importe où, n’importe quand » ne permet pas un meilleur apprentissage !

Les nouvelles technologies ont effectivement brisé la règle des 3 unités de la formation : 1 Espace, 1 Temps, 1 Lieu et nous permettent de nous former n’importe quand et n’importe où…. Mais aussi, malheureusement, n’importe comment !

A force de prodiguer cette idée que l’on se forme où l’on veut quand on veut on finit par ne plus se former. Les taux de complétudes sont en effet extrêmement bas pour toutes ces technologies de l’apprentissage instantané. Mais on ne pourrait blâmer les apprenants. Si l’on supprime un moment d’apprentissage présentiel, moment souvent perçu comme étant agréable par les stagiaires, pour le remplacer par un apprentissage agglutiné entre les stations Saint Rémy les Chevreuse et Denfert-Rochereau  sur le RER B, l’assiduité dans la formation sera forcément moindre.

Et quand bien même nos collaborateurs seraient assidus et auraient au plus profond d’eux cette volonté inébranlable de se former, on ne peut nous faire croire que l’on apprend mieux entre deux stations de métro ou en préparant son dîner qu’en ayant des conditions favorables à l’apprentissage avec des temps dédiés et des espaces de formation propices au développement des compétences.

Mais encore une fois, c’est en partant du principe que les collaborateurs prendront le temps de suivre leur parcours d’apprentissage dans les transports au lieu de finir l’épisode de la dernière série  Netflix…

Vers une désacralisation de la formation et de l’apprentissage

Il y a un autre problème à cette surexploitation de ces nouveaux concepts, c’est celui de la désacralisation de la formation. En effet, en prônant le former n’importe quand n’importe où, on finit par se former dans nos rares moments creux, l’acte de formation devient alors un passe-temps un moment pour se vider la tête plutôt que de la remplir.

Alors c’est à nous de ne pas céder au chant des sirènes de ces concepts pédagogiquement bancals et replaçons l’apprenant au cœur de nos dispositifs en proposant des temps et des lieux de formation propices aux apprentissages.

 

Paul-Augustin DENNERY, ingénieur pédagogique

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