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Pour 70% des élus du personnel, la charge de travail liée aux mandats a augmenté depuis la crise sanitaire

 
Pour 70% des élus du personnel, la charge de travail liée aux mandats a augmenté depuis la crise sanitaire

 

Sondés par Syndex, les élus du personnel sont nombreux à estimer que la crise sanitaire a amplifié les risques psychosociaux des salariés, en raison du stress, de la surcharge de travail et de l'isolement. Eux-mêmes ont vu la charge liée à leur mandat s'alourdir, du fait du raccourcissement des délais de consultation notamment. Et comment construire des revendications collectives avec des salariés en télétravail ?

Du 4 au 23 septembre, le cabinet Syndex a interrogé en ligne 693 élus du personnel sur la crise sanitaire et les risques psychosociaux (*). Pour 83% d'entre eux, cette crise a amplifié les risques psychosociaux des salariés du fait :

  • du stress (68% des réponses),
  • d'une surcharge du travail (60% de réponses),
  • de l'isolement (37%),
  • désengagement (28%)
  • de la violence (28%)

 

Environ 60% des élus ont cependant perçu des changements positifs dans l'organisation du travail comme le télétravail, les réunions à distance, l'autonomie dans le travail, la reconnaissance des sujets de santé et sécurité au travail. Mais 52% des personnes interrogées ont vécu des changements négatifs comme le télétravail forcé, les projets retardés, la prise de congés ou de RTT imposée, les lacunes de management, la dégradation du collectif.

 

Un dialogue social parfois adapté, parfois absent 

Deux résultats presque équilibrés qui ont surpris la codirectrice de Syndex, Catherine Jordery-Allemand, qui travaille de longue date sur les sujets liés à la santé au travail : "A mes yeux, cela signifie que des sociétés ont pris le parti d'adapter réellement le dialogue social pour pouvoir discuter de l'organisation du travail et des problèmes de santé au travail. On a d'ailleurs vu des échanges réguliers, parfois avec un point hebdomadaire, entre le CSE et l'employeur, pour faire face à la situation". Ces résultats montrent selon elle que la crise a accusé les habituelles mauvaises pratiques dans d'autres entreprises, avec des décisions imposées et non soumises à consultation et des salariés non réellement managés : "Les sociétés où n'avaient pas lieu des réunions d'information du personnel, il y a a eu encore moins pendant le confinement et la crise", résume Catherine Jordery-Allemand.

Des IRP plus ou mal associées aux décisions liées à la crise

Pour 66% des représentants des salariés, l'état physique et mental des salariés a d'ailleurs été dégradé par la crise. Eux-mêmes l'ont vécue, cette dégradation. Les élus du personnel sont 78% à affirmer que leur charge de travail liée à leur mandat a augmenté depuis le début de la crise. Un résultat cette fois sans surprise pour Catherine Jordery-Allemand : "Pendant le confinement, les élus ont dû faire avec les délais très courts de consultation du CSE. Ils ont du à la fois sonder le terrain et réfléchir à structurer un avis dans des temps très brefs en absorbant une quantité énorme d'informations, ce qui a intensifié leur travail". 

Si 70% des élus disent avoir été impliqués très tôt dans la mise en place du plan de continuité d'activité et du plan de reprise, en revanche, 30% des élus affirment ne pas avoir été impliqués dans ces décisions, et 8% affirment même que rien n'a été fait pour la mise à jour du document unique. 

Le télétravail a renforcé les demandes individuelles. Comment construire des revendications collectives sur ces bases ? 

 

Pour Catherine Jordery-Allemand, la situation actuelle de télétravail non encadré par un accord national interprofessionnel ne va d'ailleurs pas sans poser problème : "Des élus nous ont dit qu'ils étaient très sollicités par des salariés, mais sur des demandes individuelles. Comment construire des revendications collectives sur ces bases ? Et comment, pour une entreprise, développer chez les salariés un sentiment d'appartenance à un collectif alors que tout semble vous faire ressembler à un prestataire ? Si le télétravail est déployé durablement de façon massive, ces questions vont de plus en plus se poser".

Invités à s'attribuer une note de 1 à 5 en répondant à la question : "Et vous comment vous sentez-vous physiquement et moralement dans votre mandat ?", les élus ont répondu en moyenne 2,94 sur 5. Cela semble correspondre à un certain état de fatigue et de lassitude exprimé par de nombreux salariés en cette rentrée 2020. La codirectrice de Syndex acquiesce : "Pour un élu de CSE, entrer en contact avec des salariés travaillant chez eux n'est pas évident, cela demande davantage d'efforts et plus de temps. Car les points d'échanges habituels et informels, type café, couloirs ou sortie de bureaux, disparaissent. Et cette lassitude est accrue par l'incertitude de la situation sanitaire".  

 

(*) 95% des élus travaillent dans une entreprise privée, 37% sont employés, 28% techniciens et 32% sont cadres. Environ 59% sont des élues de CSE, 34% des délégués syndicaux et 4% des représentants de proximité. Les tailles des entreprises sont variables : 37% inférieures à 300 salariés, 31% entre 300 et 999, 32% supérieures à 1 000.  Concernant leur ancienneté, 24% des élus sont nouveaux venus dans les IRP, 24% en sont à leur second mandat et 52% à leur troisième.

 

Bernard Domergue

Rédacteur pour ActuEL CSE

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