Les horaires atypiques, ces mal nommés

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Travailler le soir, la nuit, le week-end… Cela concerne, en France en 2017, près de 13 millions de personnes. Le travail le samedi est le plus fréquent, et il se cumule bien souvent avec celui du dimanche. Qu'ils soient militaires, pompiers, boulangers, ou qu'elles soient infirmières, caissières ou aides à domicile – car les métiers les moins mixtes sont les plus touchés –, toutes et tous sont bien souvent là pour assurer une continuité de service.

Pour près de la moitié des salariés, la semaine type – 5 jours de travail consécutifs, du lundi au vendredi, avec des horaires journaliers compris entre 7 heures et 20 heures, qui restent réguliers d'une semaine à l'autre – devient petit à petit hors normes. En 2017, en France, 44 % des salariés (soit 10,4 millions de personnes) déclarent, au cours du mois précédent, avoir travaillé le soir (entre 20 heures et minuit), la nuit (entre minuit et 5 heures), le samedi, le dimanche, ou à leur domicile (lorsque ce n'est pas leur lieu de travail habituel). Pour les non-salariés, la proportion est encore plus importante : ces situations concernent 76 % d'entre eux (soit 2,4 millions de personnes).

C'est ce que l'on désigne par les "horaires atypiques". Et cela "ne constitue pas des situations marginales", écrivent les chercheuses Claire Létroublon et Catherine Daniel, dans une publication de la Dares du 28 juin 2018. Leur étude s'appuie sur l'enquête Emploi de l'Insee de 2017, complétée par l'enquête Conditions de travail de la Dares de 2016.

Le samedi

"Le travail le samedi est le plus fréquent", soulignent-elles. Au cours du mois observé, il concerne en effet 35 % des salariés, soit 8,3 millions de personnes – et 69 % des non-salariés (soit près de 2 millions de personnes). Viennent ensuite le travail le soir (23,3 % des salariés et 41,5 % des non-salariés) et le dimanche (19,2 % des salariés et 37 % des non-salariés), quand le travail de nuit (minuit - 5 heures) est l'horaire atypique le moins fréquent (9,1 % des salariés et 10 % des non-salariés).

Cumul

Bien souvent, les horaires atypiques se cumulent : 93 % des salariés qui travaillent le dimanche sont aussi aux manettes le samedi, et 86 % de ceux qui œuvrent le soir continuent la nuit.  Les salariés à temps partiel sont autant exposés aux horaires atypiques que ceux à temps complet, même si les premiers travaillent plus souvent le samedi, et les seconds plus souvent le soir et la nuit.

Dans les deux cas, ils travaillent davantage que les travailleurs ayant des horaires "standard" : 1 763 heures annuelles effectives (1 587 heures pour ceux n'ayant pas d'horaires atypiques) et 226 jours par an (contre 207 jours). Ont-ils des récupérations ? "En moyenne, ces récupérations paraissent limitées", constatent les auteures. Cela représenterait en moyenne 0,13 semaine par an. Un quart des salariés avec des horaires atypiques ne disposent pas de 48 heures de repos consécutives au cours de la semaine.

Hommes et femmes, dans les métiers les moins mixtes

Si l'on regarde la répartition hommes et femmes, on se rend compte que – même si les hommes sont légèrement plus touchés par ces horaires atypiques que les femmes (44,2 % contre 43 %) – cela touche les métiers les moins mixtes.

Côté masculin, on trouve les militaires, les policiers, les pompiers, les agents de gardiennage, les conducteurs de véhicule, les cuisiniers, les bouchers, les charcutiers et les boulangers, avec davantage d'heures de travail effectuées le soir et la nuit. Côté féminin, ce sont les infirmières, les sages-femmes, les aides-soignantes, les vendeuses, les caissières, les agents d’entretien, les aides à domicile et aides ménagères.

Continuité de service

Dans les deux cas, il s'agit des "familles professionnelles qui nécessitent une présence sur leur lieu de travail pour assurer la continuité du contact avec le public ou d'un service ou des impératifs de production industrielle". "Il y a un effet boule de neige, remarquait l'ergonome Sophie Prunier-Poulmaire en novembre 2016 lors de la journée technique de l'INRS organisée sur la question : les horaires atypiques appellent également le développement d'autres emplois à horaires atypiques : de par la nécessité de développer des transports pour desservir une zone commerciale ouverte le dimanche, par exemple."

 

Élodie Touret
Editions Législatives
Journaliste - Rédactrice en chef adjointe, responsable d’Actuel-HSE

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