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Qualité de vie au travail (QVT) : la « ringardisation » du sujet ?

« Mais que voulez-vous que l'on fasse de plus ? Installer une crèche ? Réviser leur voiture sur le parking ? Ils ont déjà tout : Le CE, les horaires, une nouvelle cantine, des avantages de partout ! Moi je trouve au contraire que l'on en fait déjà trop ».

Ca y est, le coup est parti.

C'est en Comité de Direction où je lançais à peine ma présentation de la Qualité de Vie au Travail, de ses enjeux, qu'un de ses membres m'interrompît de la sorte.


Qualité de vie au travail (QTV)
 

La Qualité de Vie au Travail est sortie de la question du travail

Par ici, on lance une crèche d'entreprise, par-là, une conciergerie pour faciliter aux salariés les tâches de leur vie courante (l'expression est si bien trouvée...), et enfin, au firmament de tout cela, certains « privilégiés » se voient même proposés des salles de siestes dont l'éclairage médiatique immédiat, au plus haut niveau, en dit long sur la compréhension actuelle de ce sujet.

Pendant ce temps-là, les observatoires du stress observent le stress, et les managers formés aux RPS viennent discrètement remercier leurs formateurs de les avoir instruits sur les causes et effets des symptômes dont ils se reconnaissent eux-mêmes atteints.

Non pas que tout cela ne serve à rien, ni ne soit d'aucune utilité, ce n'est pas du tout mon propos.

Mais qui se souvient avoir vu s'éclairer en pleine lumière, avant tout et en premier lieu, l'exemple d'une entreprise ayant replacé la question du contenu du travail, de son organisation, de son management, de ses objectifs au centre de ses engagements en termes de Qualité de Vie au Travail autrement qu'à titre d'exception ?
 
Et, à défaut d'exemples à donner, qui médiatise ce besoin de recentrage au plus grand nombre ?

Evidemment, on peut trouver ce type de discours au hasard ici d'une vidéo sur internet, ou là d'une conférence institutionnalisée, mais ce qui me désole le plus souvent, malgré toute la qualité des orateurs, c'est que d'une part, ils semblent eux-mêmes en difficulté de croire à l'avènement « de leur vivant » de leur propre objectif, et d'autre part, que leur audience n'est pas la cible des décideurs concernés mais essentiellement des fonctionnels souvent encore plus sceptiques qu'eux.

Ils viennent pourtant les écouter comme on vient à la source se réconforter d'avoir bien tous raison tout seuls.

Le sujet atteint sa cible « comme l'eau sur les plumes du canard », comme me le confiait l'un d'entre eux, et s'il l'éclabousse c'est souvent sans l'atteindre, ou trop furtivement.

Mais, après tout, il excelle à générer lui-même ses propres entraves, et n'est pas naturellement « adhésif » au management par le dédale de ses prescriptions, l'enchevêtrement de ses acteurs, la discorde de ses référentiels, son angle d'approche essentiellement juridique, et les postures politico-idéologiques qui le prennent en « otage ».

Il n'y a qu'à écouter les quelques (rares) employeurs s'étant engagés véritablement sur le chemin de la pénibilité depuis 2010 s'en mordre aujourd'hui amèrement les doigts ! Quant aux préventeurs qui les en avaient convaincus, « pas sûr » qu'ils aient gagné en crédibilité à leurs yeux depuis...

Le sujet dans sa globalité ne fait pas envie aux décideurs, il ne fait pas envie aux financiers, et tant que ce sera le cas, le fouet de la contrainte pourra toujours claquer qu'il versera son plus beau chargement sur le côté.

La question qui devrait concentrer nos efforts, à mon avis, est la suivante :

Comment « donner envie » de Qualité de Vie au Travail, dans sa réalité, à tous ceux qui cherchent non pas de la sécurité, non pas du marketing, mais de la performance ?


Si nous parvenons à y répondre, alors le besoin de production réglementaire sera rendu quasi-obsolète devant la production naturelle du sujet par les entreprises et les organisations, toutes centrées aujourd'hui qu'elles sont sur l'enjeu premier de leur compétitivité.

Et... c'est possible.

J'en veux pour preuve cette anecdote que m'a confiée le Directeur Général d'une entreprise de 20 000 salariés au sortir du bilan d'une démarche QVT sur quelques-uns de ses sites pilotes :

« Vincent, je me suis fait engueuler 2 fois par mon DAF quand j'ai parlé de notre démarche QVT en COMEX :

La première fois, c'est quand il a vu le coût du pilote, et le flou sur son R.O.I.

La deuxième fois, c'est quand il a vu les gains sur les pilotes, et les délais de son déploiement ! »

A nous de faire de l'exception la règle.



Par Vincent Baud,
Consultant-formateur en Santé-Sécurité au travail
Cabinet Master

 


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